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Economie et gestion

Comment Bouygues Telecom incite ses salariés à se passer de RTT

Les téléconseillers aux 39 heures avec 23 jours de RTT ont le choix de rester au régime actuel ou de passer aux 35 heures sans RTT, moyennant 2% de hausse de salaire. Les autres catégories de salariés se voient proposer de réduire le nombre de leur RTT.

L’accord renégociant à la baisse les journées de RTT de ses salariés chez Bouygues Telecom va-t-il donner des idées aux autres employeurs ? La mesure la plus emblématique de cette nouvelle organisation du temps de travail vise à ramener certains salariés de l’opérateur vers les 35 heures hebdomadaires sur la base du volontariat, en supprimant toutes les RTT.

L’accord a été signé par le seul syndicat Force ouvrière mais en l’absence d’opposition majoritaire, cette signature de FO (37% des voix, de sources syndicales) devrait suffire à valider cet accord. Celui-ci a été négocié depuis plusieurs mois et concerne potentiellement 5.500 salariés (sur 7.500, filiales comprises). Le syndicat CFTC, majoritaire (40%), ne paraphera pas le texte, soumis à signature, mais ne s’opposera pas non plus, selon son représentant Nicolas Faber. La CFDT (22%), qui souhaitait faire barrage à un accord qu’elle juge "risqué" et "inéquitable", ne pourra donc pas s’y opposer.

Concrètement, les 1.500 téléconseillers des centres d’appels internes de l’opérateur travaillant aujourd’hui 39 heures hebdomadaires, avec 23 jours de compensation, auront le choix, irréversible, entre rester au régime actuel ou passer à 35 h sans aucune RTT. Un passage à 37 heures, avec 12 jours de RTT, est proposé aux autres catégories d’employés et techniciens.

Les 35 heures sans RTT s’appliquent obligatoirement aux nouveaux embauchés

Dans les deux cas, une "incitation financière au changement", sous forme d’une hausse de salaire de 2%, est proposée.

A partir du 1er octobre 2016, les nouveaux embauchés se verront appliquer obligatoirement ce nouveau régime, qui diminue (pour les techniciens et employés) ou supprime (pour les salariés postés en centre d’appels) le nombre de jours de RTT contre des horaires modifiés. Pour les salariés déjà en activité, le recueil du volontariat s’étalera jusqu’à décembre 2016 pour une application au 1er janvier 2017, a précisé FO.

Les cadres au forfait jour pourront, eux, voir augmenter de 1,5% leur rémunération s’ils troquent deux RTT sur 14. Quant aux directeurs et leurs adjoints, ils conserveront 5 jours de repos, 8 jours leur étant "rachetés" pour l’équivalent de 3% de leur salaire mensuel.

Bouygues Telecom est soumis à des impératifs de compétitivité

Pour renégocier l’accord sur le temps de travail de ses salariés, Bouygues Télécom a invoqué des impératifs de compétitivité sur un marché très concurrentiel. L’opérateur a notamment essuyé deux échecs successifs de rapprochement successifs avec SFR puis avec Orange. La remise en cause des RTT fait partie des mesures visant à redresser les comptes de l’opérateur qui reste celui qui a souffert le plus de l’arrivée tonitruante de Free en janvier 2012, avec ses forfaits mobiles à prix cassés.

Dans les entreprises, les RTT ont été introduites pour que les salariés travaillant sur la base d’un forfait mensuel d’heures de travail puissent malgré tout profiter d’une réduction de leur temps de travail annuel. Mais, ces jours de congés ne sont nullement une obligation de la loi, l’employeur pouvant s’en tenir aux 35 heures de travail hebdomadaires légales, avec des heures supplémentaires au-delà.

Mise à jour : 26 septembre 2016