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Il était jeune, riche et visionnaire. Né il y a trente-deux ans à Chenôve, dans la banlieue de Dijon, Mark Karpelès a longtemps été considéré comme le «baron du bitcoin». Repreneur de la puissante plateforme Mt.Gox, ce Français régnait sans partage sur la précieuse devise numérique. Au printemps 2013, son site brassait 76 % des échanges de la cryptomonnaie à travers le monde, soit 5 à 20 millions de dollars de transactions quotidiennes. Une affaire prospère, dans un secteur en pleine expansion. Le bitcoin, prisé par une communauté grandissante, permet de réaliser des mouvements de fonds sécurisés, anonymes et rapides à travers le monde. Surtout la transparence de ces transactions et leur indépendance vis-à-vis des institutions traditionnelles ravissent les internautes défiants vis-à-vis des banques et gouvernements. Mais en 2014, à la surprise générale et après un piratage informatique, c’est du moins la version officielle, son entreprise on ne peut plus florissante met la clé sous la porte. Ce sont alors plus de 800 000 bitcoins, l’équivalent de 800 millions de dollars au cours de l’époque, qui s’évanouissent dans la nature, laissant des milliers d’investisseurs sur le carreau. Après ce brusque effondrement, l’écosystème bitcoin est à terre. La précieuse devise perd 40 % de sa valeur en quelques jours, semant de sérieux doutes sur son avenir. Piratage massif ou détournement de fonds? Mark Karpelès fait figure de coupable idéal. Ainsi est-il accusé d’enrichissement personnel par la création artificielle d’un million de dollars, au détriment des véritables détenteurs de bitcoins. Une enquête est alors lancée, et la justice japonaise le fait arrêter, le 1er août 2015. Avant qu’un nouveau mandat soit émis vingt jours plus tard, pour détournement de fonds. Il est alors reproché au développeur, qui n’a cessé de clamer son innocence, d’avoir raflé quelque 2,3 millions d’euros sur les comptes de dépôt de bitcoins de ses clients. Mi-septembre, il est mis en examen et emprisonné dix mois durant, avant d’être libéré sous caution en juillet 2016. Mine d’or ou épave? Génie de l’informatique, taciturne, richissime et hors normes, il reconnaît volontiers que «gérer des humains est beaucoup plus compliqué que gérer des serveurs», malgré son QI de 190. Les images de ses excuses contrites, dénuées de justifications, resteront célèbres. Il a cette mine des enfants incapables d’expliquer les raisons des bêtises qu’ils viennent de faire. De la gloire au déshonneur, Vincent Gonon et Xavier Sayanoff reviennent dans Bitcoin Big Bang - L’épopée improbable de Mark Karpelès, diffusé à 21 heures sur Canal+, sur la trajectoire d’un entrepreneur atypique dont l’échec fracassant a durablement marqué le milieu des cryptomonnaies. Sa propre mère, d’anciens employés, un investisseur ayant fait le chemin depuis Londres en 2014 pour venir récupérer son argent, des journalistes spécialisés ainsi que plusieurs grands noms du bitcoin viennent éclairer ce parcours et ce krach financier hors norme. Alors qu’il pensait avoir repris une mine d’or, Mark Karpelès, qui témoigne aussi dans cette enquête, estime avoir récupéré une épave. Le vol massif de bitcoins, mélange d’ingénierie sociale, de hacking et de récupération de clés compromises, se sera étalé de l’automne 2011 à fin 2013. Autant d’actifs numériques disparus que l’on ne retrouvera probablement jamais.

"Bitcoin Big Bang", le 28/02/2018 sur Canal+

Dans Bitcoin Big Bang - L’épopée improbable de Mark Karpelès, documentaire diffusé à 21 heures sur l’affaire qui a fait trembler le monde des cryptomonnaies, Vincent Gonon et Xavier Sayanoff dressent le portrait de Mark Karpelès, héros déchu d’une incroyable épopée financière.

Il était jeune, riche et visionnaire. Né il y a trente-deux ans à Chenôve, dans la banlieue de Dijon, Mark Karpelès a longtemps été considéré comme le « baron du bitcoin ». Repreneur de la puissante plateforme Mt.Gox, ce Français régnait sans partage sur la précieuse devise numérique. Au printemps 2013, son site brassait 76 % des échanges de la cryptomonnaie à travers le monde, soit 5 à 20 millions de dollars de transactions quotidiennes. Une affaire prospère, dans un secteur en pleine expansion. Le bitcoin, prisé par une communauté grandissante, permet de réaliser des mouvements de fonds sécurisés, anonymes et rapides à travers le monde. Surtout la transparence de ces transactions et leur indépendance vis-à-vis des institutions traditionnelles ravissent les internautes défiants vis-à-vis des banques et gouvernements.

Mais en 2014, à la surprise générale et après un piratage informatique, c’est du moins la version officielle, son entreprise on ne peut plus florissante met la clé sous la porte. Ce sont alors plus de 800 000 bitcoins, l’équivalent de 800 millions de dollars au cours de l’époque, qui s’évanouissent dans la nature, laissant des milliers d’investisseurs sur le carreau.

Après ce brusque effondrement, l’écosystème bitcoin est à terre. La précieuse devise perd 40 % de sa valeur en quelques jours, semant de sérieux doutes sur son avenir. Piratage massif ou détournement de fonds ? Mark Karpelès fait figure de coupable idéal. Ainsi est-il accusé d’enrichissement personnel par la création artificielle d’un million de dollars, au détriment des véritables détenteurs de bitcoins. Une enquête est alors lancée, et la justice japonaise le fait arrêter, le 1er août 2015. Avant qu’un nouveau mandat soit émis vingt jours plus tard, pour détournement de fonds. Il est alors reproché au développeur, qui n’a cessé de clamer son innocence, d’avoir raflé quelque 2,3 millions d’euros sur les comptes de dépôt de bitcoins de ses clients. Mi-septembre, il est mis en examen et emprisonné dix mois durant, avant d’être libéré sous caution en juillet 2016.

Mine d’or ou épave ?
Génie de l’informatique, taciturne, richissime et hors normes, il reconnaît volontiers que « gérer des humains est beaucoup plus compliqué que gérer des serveurs », malgré son QI de 190. Les images de ses excuses contrites, dénuées de justifications, resteront célèbres. Il a cette mine des enfants incapables d’expliquer les raisons des bêtises qu’ils viennent de faire.

De la gloire au déshonneur, Vincent Gonon et Xavier Sayanoff reviennent dans Bitcoin Big Bang - L’épopée improbable de Mark Karpelès, diffusé à 21 heures sur Canal+, sur la trajectoire d’un entrepreneur atypique dont l’échec fracassant a durablement marqué le milieu des cryptomonnaies. Sa propre mère, d’anciens employés, un investisseur ayant fait le chemin depuis Londres en 2014 pour venir récupérer son argent, des journalistes spécialisés ainsi que plusieurs grands noms du bitcoin viennent éclairer ce parcours et ce krach financier hors norme. Alors qu’il pensait avoir repris une mine d’or, Mark Karpelès, qui témoigne aussi dans cette enquête, estime avoir récupéré une épave.

Le vol massif de bitcoins, mélange d’ingénierie sociale, de hacking et de récupération de clés compromises, se sera étalé de l’automne 2011 à fin 2013. Autant d’actifs numériques disparus que l’on ne retrouvera probablement jamais.

Mise à jour : 28 février 2018